Wittgenstein sucks
worüber du nicht reden kannst
darüber muss ich schweigen
ce dont tu ne peux parler
je dois le taire.
worüber du nicht reden kannst
darüber muss ich schweigen
ce dont tu ne peux parler
je dois le taire.
Le soleil brode du bleu
Ce matin
Il promet un été
On est lundi
Et qui sait
Ce qui se passera lundi prochain
Ou bien ce soir
Hier, la raison
A aussi perdu la Pologne
Demain, je te perdrai, peut-être
Ou moi-même
Mais le soleil brode du bleu
Sur un ciel en crumbles blancs
Et promet,
Peu importe ce qui adviendra,
Un été.
Die Sonne blaut ein bisschen
Heute Morgen
Und verspricht einen Sommer
Es ist Montag
Und wer weiss schon
Was nächsten Montag sein wird
Oder heute Abend
Gestern ging auch Polen
der Vernunft verloren
Morgen verliere ich vielleicht dich
Oder mich
Aber die Sonne scheint
Ein bisschen blau an den Rändern an einem
wolkenzerzupften Himmel
Und verspricht
Was immer auch sonst kommt
Einen Sommer.
Colère
On court plus longtemps poussé par la colère
Tu veux la distancier
Mais elle accélère, du coup
Toi aussi.
Elle arrive d’hier
Et tiendra d’ici demain,
Sûrement,
Probablement encore plus.
Ton coeur bat vite:
Chaque minute d’intensité
Compte double.
Tu dois aller plus loin.
On dit qu’en courant
on met de l’ordre dans ses idées.
Les tiennes sont en bon ordre
Tu veux: plus d’idées du tout.
Une décision peut-être
Un mot clair,
Qui n’aura plus de conséquences
sur ton image de toi
Et être sûr, non,
Tu n’es pas folle
Ton amour a le droit d’exister
Et ta colère aussi
Tu cours toujours
Rien n’est fini
Avant d’en finir.
Laufen
Mit Wut im Bauch läuft es sich länger,
Willst sie hinter dir lassen.
Aber sie wird schneller.
Du auch.
Sie kommt von gestern
Und hält bis morgen,
Sicher,
Wahrscheinlich länger.
Dein Herz schlägt schnell:
Jede Intensitätsminute
Zählt doppelt.
Du musst noch weiter.
Jemand sagte,
Die Gedanken würden klarer beim Laufen.
Deine sind klar,
Dein Ziel: keine Gedanken mehr,
Eine Entscheidung vielleicht,
Ein klares Wort,
Das keine Konsequenzen mehr hat
Auf Dein Bild von Dir.
Die Sicherheit, nein,
Du bist nicht verrückt,
Deine Liebe darf existieren
Und Deine Wut auch.
Du läufst weiter,
Nichts ist vorbei,
Bevor du nicht still stehst.
Lorsque je ne parlai plus
Lorsque tu ne dis plus rien
Lorsque tout fut dit
Ce que je n’avais jamais entendu dire de cette manière –
(Pendant dix minutes, peut-être,
Mais la première fois de ma vie)
– Je sus alors que je n’allais plus parler
Et ce que tu avais dit
Je n’allais plus l’entendre de cette manière
Dix minutes pour une vie entière
Ce fut une dernière fois
Et un plus jamais.
Als ich nicht mehr sprach
Als du nicht mehr sprachst
Als all das gesagt war
Was ich so noch nie gehört hatte –
(Es waren vielleicht zehn Minuten
Aber das erste Mal in meinem Leben)
– Wusste ich, ich würde nicht mehr sprechen
Und was du gesagt hattest,
Würde ich so nie mehr hören
Zehn Minuten für ein ganzes Leben
Es war ein letztes Mal
Und ein Nie mehr.
Plus tard, nous nous souviendrons
Du Bleu du ciel
Ce jour-là, sans nuages
comme une moquerie ou de l’ironie
Nous nous souviendrons
De ce moment
Où nous devenions,
treize ans après
La magie première,
Des étrangers:
Ensemble il y a peu
Subitement seuls.
Le choc te heurte plus que moi
Mais dans ma poitrine aussi
Quelque chose s’écroule et
Aucun retour n’est possible
De ce banc dans le bois
Vers notre vie
Lorsqu’elle était encore la nôtre.
Plus tard, nous penserons :
Trois ans déjà.
Nous parlerons de liberté
Et pas de solitude
De raison
Pas de l’angoisse
Des soirées vides
Sur un canapé vide.
Plus tard, nous aurons été Nous
Deviendrons chacun un Moi
Qui cherchera
Celui qui se souviendra aussi
Sans moquerie ni ironie
Du ciel sans nuages.
Später werden wir uns erinnern
An das Blau des Himmels
Wolkenlos an diesem Tag
Wie Spott oder Ironie
Wir werden uns erinnern
An diesen einen Moment
In dem wir uns
Dreizehn Jahre nach
dem ersten magischen
Auf einmal fremd wurden
Eben noch gemeinsam
plötzlich allein
Der Schock ist größer für dich als für mich
Aber auch in meiner Brust
Bricht etwas zusammen und
Kein Schritt führt zurück
Von dieser Bank im Wald
In unser Leben
Als es noch unser war
Später werden wir denken
Schon drei Jahre
Wir werden nicht von Freiheit reden
Und nicht von Einsamkeit
Von Vernunft
Nicht von der Angst
Des leeren Abends
Auf einem leeren Sofa
Später werden Wir gewesen sein
Und wieder zu einem Ich
Das den sucht
Der sich erinnert mit uns
Ohne Spott und Ironie
An einen wolkenlosen Himmel
J’aurais aimé rester seule
Parfois, j’aurais aimé ne pas venir
Pour ne pas prendre congé, plus tard,
Mais c’est de la théorie et ce n’est pas une option.
Cette éternelle redécouverte trébuchante
J’aurais aimé la faire vite.
Je préfère ta salade à la mienne.
Et je préfère ne pas dormir parce que tu ronfles
Que profondément à l’autre bout du monde
Ou de la ligne de RER.
Je préférerais te dire
Ce que je ressens:
Que je te veux encore plus le matin
Que le soir,
Que tes yeux s’accordent à ta veste,
Que ta bouche me rappelle un poster des années 90
Ca aussi.
Et même ce que je préférerais ne pas dire.
Je préfère te parler que t’écrire
Mais mieux vaut t’écrire que … rien
Il y a toujours pire.
Mais aussi toujours quelque chose
Que je préférerais faire
Avec toi
Que seule.